| Intro | Aviateur militaire français |
| Was |
Aviator Pilot Aircraft pilot |
| From |
France Chad |
| Type | Military |
| Gender | male |
| Birth | July 1944, Manche, France |
| Death |
1984, Chad, Chad (aged 39 years) |
Michel Croci, né le 26 juillet 1944 à Montmartin-sur-Mer dans la Manche et mort pour la France le 25 janvier 1984 à Torodum (Tchad), était un aviateur militaire français.
Biographie
Michel Croci effectue son service militaire comme simple soldat appelé du contingent de la classe 1964. Il est incorporé le 4 novembre 1963 à l’Entrepôt de l’Armée de l’air n°603 Limoges. À l’issue de sa formation initiale, il est dirigé vers l’annexe entrepôt de munitions de Rocamadour. Secrétaire du groupe des magasins, son dévouement et son sérieux lui valent d’être promu au grade de caporal, puis de caporal-chef, avant la fin de la durée légale. À l’issue de celle-ci, il signe un engagement volontaire de sept ans, débutant le 1er mai 1965.
Désireux de devenir pilote de chasse, il suit le circuit des écoles de formation du personnel navigant de l’Armée de l’air. Après une phase de pilotage de base qui dure six mois, il est retenu pour la spécialisation chasse. Promu au grade de sergent, Michel Croci est affecté au Groupement école 314 stationné sur la base aérienne 705 Tours. Son instruction s’effectue sur Lockheed T-33 « T-Bird » américain, puis sur Dassault Mystère IV français. Au printemps 1968, il est breveté de l’école de chasse. Il effectue son stage de transformation opérationnelle au sein de l’escadron de chasse 1/8 Saintonge à Cazaux. Sa première affectation dans les forces aériennes est la 11e escadre de chasse, alors équipée de North American F-100 Super Sabre. Le 10 juin 1968, il rejoint la 1ère escadrille de l’escadron de chasse 3/11 Corse. Le sergent-chef Croci consacre les trois années suivantes à gravir les échelons de qualification jusqu’au brevet de sous-chef de patrouille.
Muté au Groupement école 315, il rejoint la base aérienne 709 Cognac le 17 août 1970, après avoir effectué, au Groupement école 313 à Aulnat, un stage de moniteur de trois mois. Durant ce séjour, l’adjudant Croci réussit le stage des élèves officiers de réserve, qu’il suit à Évreux à la fin de l’hiver 1970-1971. Il est alors admis à servir comme officier de réserve en situation d’activité (ORSA) à compter du 1er octobre 1971. À Cognac, le jeune officier montre de belles qualités humaines, pédagogiques et professionnelles en tant que moniteur de pilotage. Il est récompensé en juillet 1972 par une lettre de félicitations signée du colonel Pontois, commandant la case aérienne 709.
En janvier 1973, de retour en unité de combat à Toul-Rosières, il reprend son entraînement opérationnel pendant un an puis obtient le brevet de chef de patrouille, la plus haute qualification que puisse détenir un pilote de chasse. Il prend alors le commandement de l’escadrille d’entraînement au vol sans visibilité de la 11e escadre de chasse. Il y démontre un souci constant de la sécurité des vols.
Le 25 mai 1976, le lieutenant Croci rejoint l’escadron de chasse 4/11 Jura. Recréé en 1973 pour assurer la défense de la base française de Djibouti, cet escadron mène, au-dessus d’un territoire exigu, des missions très diverses : assaut classique, appui des troupes au sol, défense aérienne, escortes en Mer Rouge, et même reconnaissance photographique lors du conflit somalo-éthiopien. Adjoint au commandant d’escadrille, le lieutenant Croci contribue à la forte cohésion de cette jeune unité (elle n’a pas encore six ans). C’est lui qui a l’idée, pour fêter les 10000 heures de vol de l’escadrille, de peindre sur le nez des avions une gueule de requin, comme les Tigres Volants de la Seconde Guerre mondiale.
Relevé par les Mirage III C de l’escadron de chasse 3/10 Vexin, l’escadron 4/11 est dissous le 31 décembre 1978. Dès le lendemain, il est recrée en métropole, à Toul. Rééquipé en avions de combat franco-britanniques « Jaguar », il s’installe sur la base aérienne 106 Bordeaux-Mérignac. Sa nouvelle mission comporte, outre la protection de la région Sud-Ouest, une intense participation aux opérations extérieures. Dans ce cadre, le capitaine Croci, chef des opérations de l’escadron à compter de septembre 1982, effectue de nombreux détachements en Afrique, et participe notamment à l’opération Tacaud au Tchad. En dehors de ces séjours, il dirige la vie opérationnelle du « Jura », rythmée par les campagnes de tir, les exercices régionaux, nationaux ou internationaux, les échanges avec des unités étrangères.
Le 25 janvier 1984, alors qu’il est en détachement à N’Djaména (Tchad) dans le cadre de l’opération Manta, il décolle à la tête d’une patrouille mixte de Jaguar et de Dassault Mirage F1 pour effectuer une mission de « reconnaissance armée » au-dessus d’éléments hostiles dans la région de Torodum. Son avion, probablement touché par un projectile, explose. Il est tué sur le coup. Ses obsèques sont célébrées sur la base aérienne 106 Bordeaux-Mérignac le 3 février 1984, en présence du ministre de la Défense, Charles Hernu, et de nombreuses personnalités civiles et militaires.
Distinctions
Citation (à titre posthume) à l’ordre de l’armée aérienne par le Ministre de la Défense (3 février 1984) :
« Officier aux qualités professionnelles, humaines et militaires exceptionnelles, pilote de chasse de très grande valeur, chef de patrouille particulièrement expérimenté totalisant 3860 heures de vol dont 1100 heures sur Jaguar. Sa personnalité, sa foi très profonde en la mission, son rayonnement et son dynamisme lui avaient permis de s’imposer très rapidement comme chef des opérations de l’escadron. Chef de détachement, dans le cadre de l’opération Manta, a fait le sacrifice suprême dans l’accomplissement de son devoir au cours d’une mission opérationnelle de reconnaissance au-dessus d’éléments hostiles le 25 janvier 1984, à Torodum (République du Tchad). »
Hommages
Le 23 mai 1995, la base aérienne 106 Bordeaux-Mérignac reçoit le nom de tradition « Capitaine Michel Croci ».